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Charles de Foucauld

Son enfance

Charles de Foucauld est né le 15 septembre 1858, au numéro 3 de la Place Broglie, à Strasbourg, dans une grande et riche famille d’aristocrates. Il se fait baptiser à l’église Saint-Pierre-le-Jeune, rue de la Nuée-Bleue. Il vit ses six premières années à Wissembourg puis regagne Strasbourg où, après la mort de ses parents, il est élevé par ses grands-parents 3, rue des Échasses. Cet immeuble est devenu par la suite le Foyer Notre-Dame. Il fait ses études jusqu’au lycée dans la future capitale européenne et passe ses étés au château de Birkenwald, qui appartenait à la famille Latouche, sa famille du côté maternel et à Saverne. En 1870, il a douze ans quand l’Alsace devient un territoire allemand. Sa famille déménage alors à Nancy. Il ne repassera dans la région qu’une seule fois, en 1913, pour se rendre en Suisse.

Sa béatification

Le moine français Charles de Foucauld, qui vécut parmi les Touaregs du Sahara algérien au début du XXè siècle, a été déclaré vénérable le 24 avril 2001 par Jean-Paul II et béatifié le 13 novembre 2005 à Rome par Benoît XVI, première étape avant la proclamation de sa sainteté.

La béatification du fondateur de l’ordre des Petits frères de Jésus, tué alors qu’il était l’otage de pillards, en 1916 à Tamanrasset (Sahara algérien), intervient au terme d’un long procès, ouvert en 1927. Des témoins de sa vie ont été entendus et les écrits de « l’ermite du Hoggar », du nom du massif montagneux où il s’était établi, ont été passés au crible. La procédure a été suspendue en 1956, pendant la guerre d’Algérie. Le prélat chargé d’instruire le dossier estimait alors qu’« il n’est pas prudent de laisser continuer le débat sur la sainteté d’un ancien officier de l’armée française » et « craint qu’on ne regarde pas avec assez d’objectivité son dossier à Rome », explique Mgr Maurice Bouvier, postulateur de la cause de canonisation de Charles de Foucauld, titre officiel de celui chargé de l’instruction du dossier. Il faudra attendre l’intervention de Paul VI pour que les travaux reprennent en 1967. En 2001, l’Église estime que le Père de Foucauld a exercé les vertus chrétiennes à un degré héroïque. Trois ans plus tard, la décision de lui attribuer un miracle — la guérison d’une cancéreuse milanaise en 1984 — ouvre la voie à sa béatification. Pour Mgr Bouvier, Charles de Foucauld a surtout « contribué à faire prendre conscience à l’Église qu’elle doit être au service de l’humanité tout entière et que la pauvreté doit avoir sa place dans l’Église ».

Son héritage

Refusant l’enfermement dans un couvent ou la prêtrise dans une paroisse, le Père de Foucauld est allé au-devant de gens simples, oubliés de l’Église et des hommes, explique pour sa part Frère François, un religieux français d’Alger, membre de l’ordre des « Petits frères de Jésus ». Ce moine, qui a pris la nationalité algérienne, souligne l’oeuvre de linguiste et d’ethnographe du Père de Foucauld, qui demeure une référence. Il a écrit des traités de grammaire berbère, un dictionnaire français-berbère, recueilli et traduit des poésies et des chants touaregs, décrit minutieusement leurs us et coutumes avec beaucoup de détails et de dessins, et traduit la bible en berbère. « Je suis ici non pas pour convertir les Touaregs mais pour essayer de les comprendre », disait le Père de Foucauld, qui a redécouvert la foi à 28 ans, après une vie dissolue, un passage dans la vie militaire de 1876 à 1882, avant d’être ordonné prêtre en 1901 et de s’installer à Tamanrasset (1970 km au sud d’Alger) en 1905. « Je veux habituer tous les habitants, chrétiens, musulmans, juifs et idolâtres à me regarder comme leur frère, le frère universel », disait également celui qui a inspiré la création de dix congrégations religieuses et huit associations de vie spirituelle dans le monde.